Retour de lecture des deux recueils de Rémy Bombay, "Tout est une affaire de style" et "Du Jazz ? D'accord, mais…"

À PROPOS DE L’AUTEUR 

 

Rémy Bombay, fervent « raconteur d’histoires », publie son premier livre intitulé Du jazz ? D’accord, mais Et autres nouvelles en 2021. Avec Tout est une affaire de style, il explore la vie quotidienne de personnages en marge de notre époque, mais ô combien proches de nous.
 
Comme j’ai commencé à lire Tout est une affaire de style, je vous le présente en premier.

"Tout est une affaire de style"

Le résumé :

Tout est une affaire de style présente des récits originaux et inspirants. Dans cet ouvrage, Rémy Bombay met en lumière un aspect peu exploré de la migration française : celui des îliens de l’outre-mer, audacieux et dégourdis, qui sont venus travailler et, pour certains, s’établir en métropole. Ayant recours à l’humour et à l’absurde, il donne vie à des personnages hauts en couleur, en relation directe avec l’amour, l’amitié, le partage…

 

 

Mon Avis :

Et de style, il est question. Dès les premières lignes de la première nouvelle, il me saute aux yeux. Légèrement sophistiqué, le phrasé est élégant, poétique. Alors, je n’ai pu résister et me suis laissée entraîner par les mots doux, fluides, mais réalistes de cet auteur atypique. 

Bien que très différent, je lui trouve une lointaine parenté avec le célèbre Bukowski. Désabusé, revenu de loin, ayant connu la galère… la comparaison s’arrête là, car Rémy est un être solaire, un îlien d’outremer, en provenance de la somptueuse et fleurie Martinique. 

Ses déambulations parisiennes m’ont charmée et je me suis plongée avec délectation dans ces nouvelles. Dans la deuxième, je me suis un peu perdue pour être emballée ensuite par le dialogue entre le narrateur et un moustique ainsi que l’évocation qui en a découlée.

D’une petite chose anodine du quotidien, Rémy Bombay a l’art de nous entraîner sous d’autres cieux, dans d’autres histoires, un peu à l’image des poupées russes, les surprises se succèdent. J’ai particulièrement apprécié son ton intimiste, car à certains moments, j’ai eu l’impression qu’il s’adressait à moi.

Je vous conseille sans plus tarder de découvrir ce recueil qui j’en suis sûre saura vous séduire. 

 
 
Régulièrement, je croise  sur les réseaux Rémy Bombay qui m’a gentiment envoyé son premier recueil, Du Jazz ? D’accord, mais… dont je me fais un plaisir de vous parler ci-dessous.

"Du Jazz ? D'accord, mais…"

Le résumé :

Les livres sont souvent des baumes pour l’âme. Sur un mode faussement mineur, celui-ci est un condensé de textes courts, que l’auteur a pêché au fond de sa  » calebasse » tropicale par moments espiègle. Ces personnages à la fois insolites, décalés, croqueurs de vie, truculents, semblent suivre à leur rythme, leurs routes et cheminements intérieurs.
En raconteur d’histoires, il plante dans ce recueil des décors et ouvre des espaces, qui mènent à l’étrange.
Ainsi, en mêlant à loisir réalité et fiction, ce prosateur pose un regard vif, amusé, sur les aléas, les petits travers du quotidien, et met en scène une sorte de brassage, de métissage social, qui sublimise l’ordinaire.
Du coup, on s’accroche, on s’attache à ces textes, au phrasé parfois poétique. Comme celui intitulé  » Retour en Créolie  » qui résume assez bien cet ouvrage, et donne une tonalité singulière à l’ensemble.

Mon Avis :

Beaucoup d’humour dans ce premier recueil qui m’a aussitôt conquise. J’ai retrouvé le ton un brin « râleur » et contestataire de l’auteur. J’avais perçu le mélomane dans Tout est une affaire de style, mais dans celui-ci, aucun doute, Rémy nous distille ses goûts musicaux au fil de ses récits. Les nouvelles s’enchaînent et c’est un pur bonheur de lecture. 

Il nous parle de voisins qui écoutent du Jazz, mais…, d’un voyage vers son île d’origine, d’écriture et de l’art de faire court, d’une moto et de son attachement envers sa proprio, de la difficulté de se faire éditer, mai aussi de ses goûts sportifs et de bien d’autres choses.

Extraits :

EN ROUTE VERS LA CRÉOLIE

…Dire quand cette idée s’installa dans la toison crépue de ma calebasse, s’avère impossible. Toutefois, tandis que je furetais au hasard, lors de mes balades sur ce nouveau territoire, la révolte, s’il est permis de l’appeler ainsi, en un coup de tonnerre se déclara. 

— Pourquoi, demandais-je à la face abasourdie de mes géniteurs, est-on ici, presque à fond de cale ? Les autres, là-haut, font ce qu’ils veulent. Et nous, on ne peut même pas aller dans la grande salle. On est punis ?

La honte qui se lisait sur leurs visages, hante encore certaines de mes nuits les méandres de ma mémoire. En cette fin de l’ère coloniale, intuitivement, à mes yeux d’adolescent têtu, c’était là le rappel de situations dégradantes, que vécurent, dans un contexte bien plus difficile, nos aïeux… 

…Autrefois, papa disait souvent à mon oreille « comprendre le monde, petit, c’est aussi l’accepter »…

LILY, LA GROSSE CUBE

… J’en ai vu, des zygotos défiler à la maison, sauf que là, ça dépasse tout. C’est comme dirait quelqu’un « le pompon sur la Garonne ». Après un thé Matcha de bienvenue, laissés seuls, tout d’abord, ces intrus m’ont tourné autour, ensuite arrosé d’eau et se sont mis à pousser en boucle des mélopées, des mots venus d’ailleurs que je ne comprenais pas…

Du Jazz ? D’accord, mais…

Sa page Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *